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« Paysages ethnographiques » > 2010-2012

L’ethnologue et l’anthropologue décrivent et comparent les différentes formes de sociétés. L’ethnographe, lui, agit en amont en recueillant les données sur le terrain. C’est à ce niveau que j’ai choisi d’intervenir en explorant l’Intimité anonyme de la société urbaine.

« L’homme de la rue », observé dans son décor urbain d’origine, est presque invisible, s’évanouissant dans le brouillard de la multitude. Transplanté dans des espaces dissemblables il acquiert un autre statut  et devient un héros du quotidien. On le découvre figé, livrant des détails tangibles ; costumes, téléphones, oreillettes, badges et autres nous informent de manière neutre sur la réalité d’une catégorie sociale.

La dichotomie entre personnages et paysages plonge dans un vertige surréaliste. Ces situations fictionnelles se concrétisent dans une scénographie imaginaire. La pixellisation des visages évince finalement tous soupçon d’incertitude. Oui l’œuvre est digitale, et assumée comme telle. Ces unités primaires numériques, posées là sur le plan de la photographie, viennent affirmer que celle-ci est bien allégorique.

Mais dans quel but ces personnages avancent-ils dans des décors improbables? Ils semblent dériver au hasard, inconscients de la réalité de leur environnement. Auraient-ils manqué un carrefour majeur dans l’évolution de notre société? L’homme, vecteur d’interactions planétaires, contrôle-t-il vraiment l’impact de ses comportements sur le devenir des sociétés humaines ?

© Jean-Pierre Attal > 2012